1914. Tu me manques


Ce qui domine dans les cartes postales de soldats avant 1914, c'est l'ennui. Pendant la guerre, c'est l'angoisse, perceptible dans des lettres d'amour poignantes écrites au verso des cartes.
La vie à la caserne se définit avant tout par le nombre de jours qui restent à « tirer » avant la fin du service militaire, obligatoire depuis 1905 et qui dure deux ans. Les copains du régiment sont là heureusement pour se soutenir mutuellement. Le service devient un rite de passage à l’âge adulte.

Les grandes manoeuvres ont lieu à la campagne ; les troupes défilent au départ et au retour. Les exercices habituels ont lieu dans la ville, à Chamars, sur le Doubs, au Polygone, sans oublier le kiosque Granvelle pour la musique, qui n'est pas militaire du tout.



La guerre éclate en juillet 1914. Les hommes mariés sont aussi mobilisés, les cartes à leur femme sont signées «ton petit mari qui t'aime».



Besançon est à l'arrière du front, la ville sert de dépôt de troupes et de matériel. Elle se transforme vite en un vaste hôpital pour les «éclopés» qui reviennent du front. Pendant quatre longues années, tout le monde espère la fin de la guerre.