La passion des livres


A nos chers bibliophiles

 

"Le bibliophile aime le livre comme un ami aime le portrait d’un ami »"(Charles Nodier)

Les livres présentés ont tous, avant d’entrer dans les collections de la bibliothèque municipale, été collectionnés par des bibliophiles : manuscrits médiévaux, incunables, livres illustrés de gravures… livres rares, curieux, précieux, à belles reliures …. ils ont tous été choisis avec passion par des amoureux des textes et des livres de toutes les époques.

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Jean-Jacques Bruand

Ms 184 : ISIDORE de SEVILLE,

Le nom de Jean-Jacques Bruand survit dans une certaine mémoire bisontine en raison de ce que l’on appelé « le crime de Bruand » (décès en juillet 1826 de son fils aîné, où l’opinion publique a vu l’assassinat du fils par le père, drame suivi du propre suicide de Jean-Jacques Bruand dix jours plus tard). C’était un avocat, homme politique, homme d’affaires, et aussi érudit et collectionneur. A sa mort, sa collection, commencée à l’âge de 20 ans, réunissait environ 2 300 livres, 200 cartes, 800 estampes, une centaine de dessins, quelques faïences, des objets d’histoire naturelle, ainsi qu’un médaillier de 8 000 monnaies et médailles, dont environ 60 % de monnaies antiques et un nombre assez important de monnaies étrangères modernes. En février 1826, Bruand avait proposé de léguer une partie de sa collection, qu’il estime 15 000 francs, à la ville, en échange d’un poste d’adjoint au bibliothécaire de la ville (Charles Weiss), sans traitement mais en bénéficiant d’un logement. Ce legs est refusé. Quelques mois plus tard, Bruand se suicide, la municipalité achète les collections à la famille pour 8 000 francs.

ISIDORE de SEVILLE, De Astra celi. – Comes de Murbach

Ms. 184

Manuscrit sur parchemin, fin VIIIe – début IXe siècle, provenant de l’abbaye de Murbach. Le plus ancien manuscrit de la bibliothèque


La Résurrection des morts. Heures à l’usage de Rome.

Ms. 50

Manuscrit enluminé, 2e quart XVe s., copié et enluminé pour une femme dont le prénom « Bartholomea » figure en lettres d’or au début du manuscrit


Nicolas Antoine Labbey de Billy (1753-1825)

Nicolas Antoine Labbey de Billy descend d’une famille comtoise ancienne de Haute-Saône, connue au gré de ses alliances sous les noms de Labbey de Sauvigney, Labbey de Billy et Labbey de Pompierre ; le père de Nicolas Antoine, Jean César Nicolas, seigneur d’Autrey et de Sauvigney, conseiller au présidial de Vesoul, obtient en 1768 des lettres de maintenue de noblesse et des lettres confirmatives de chevalerie en 1786.

Nicolas Antoine suit tout d’abord des études de théologie qu’il abandonne pour le droit ; il est reçu avocat, mais ne s’établit pas et reprend des études de théologie au séminaire de Saint-Sulpice à Paris ; il est ordonné à Besançon en 1782, nommé chanoine métropolitian, puis vicaire de l’évêque de Langres, Guillaume de la Luzerne. Prêtre réfractaire lors de la Révolution, il émigre en 1793 ; il se rend en Suisse, en Allemagne, puis en Italie. Lorsqu’il rentre en France au début du XIXe siècle, il rapporte avec lui une collection de manuscrits et de livres anciens. De 1809 à 1817, il est professeur d’histoire à l’université de Besançon ; il publie en 1814 la première Histoire de l’université du comté de Bourgogne et en 1817 un recueil de Sermons. Les livres de sa bibliothèque portent comme ex-libris un cachet à ses armes avec la devise de sa famille (« Sine labe »), entourées de l’inscription « Ex bibliotheca Billiana ».


Johannes REGIOMONTANUS. Tabula primi mobilis. Manuscrit, papier, fin XV e s.

Ms 481

Ouvrage d’astronomie du savant de l’entourage du roi de Hongrie Mathias Corvin ; il le lui a dédié. Il s’agit vraisemblablement de l’exemplaire de l’auteur (il comporte des corrections autographes) remis à Mathias. Le début du texte a une bordure d’un riche coloris où de grosses fleurs côtoient des oiseaux


 

 

Bernard GUI. Arbor genealogiae regum Francorum [Arbre généalogique des rois de France].  Manuscrit, parchemin, début du XIVe siècle.

 

 

Ms. 854

Robert II, Henri Ier, lignée des ducs de Normandie, Guillaume le Conquérant et les rois d’Angleterre


François-Charles SONNET (15..-16..)

D’une famille de Vesoul anoblie en 1457 par Philippe le Bon, cet avocat et jurisconsulte, seigneur d’Aboncourt et Gésincourt en Haute-Saône, a été l’ami du poète Jean-Baptiste Chassignet qui lui dédie un des poèmes du Mespris de la vie et consolation contre la mort

GAUTIER de COINCI. Les Miracles de la Vierge. Manuscrit, parchemin, Est de la France, 3e quart du XIIIe siècle

Ms. 551

C’est le seul manuscrit de Gautier de Coinci qui présente plusieurs illustrations par miracle. La décoration est abondante mais inachevée : certains emplacements réservés pour des miniatures à partir du f. 88 sont restés blancs ; en revanche, les initiales ornées et les baguettes des trois marges verticales, elles aussi ornées, ont été exécutées à toutes les pages jusqu'à la fin du manuscrit. Il se caractérise également par de nombreux motifs marginaux sur les trente premiers feuillets : travaux des mois, sujets tirés du bestiaire, scènes de chasse, drôleries.

Ce manuscrit passe au milieu du XVIIe siècle dans les collections de l’abbé Jean-Baptiste Boisot


Pierre-Adrien PÂRIS (1745-1819)

« Päris est un collectionneur de livres, mais ce n’est pas un bibliophile. Il n’en a ni les goûts, ni les usages, qui sont en train de se constituer à[ son époque] : dans sa bibliothèque, pas d’incunables rares, de belles éditions gothiques, d’éditions princeps … très peu de belles reliures, et les rares possédées sont des éditions achetées déjà reliées … Il n’a pas d’ex-libris, ni manuscrit ni gravé … nulle provenance flatteuse ... La bibliothèque de Pierre-Adrien Pâris révèle le goût d’un grand architecte parisien de la seconde moitié du XVIIIe siècle … [elle] reflète aussi la  curiosité d’un esprit éclairé et cultivé, féru d’antiquités, de voyages et de techniques. » (Henry Ferreira-Lopes, « La bibliothèque réunie par Pierre-Adrien Pâris », Le Cabinet de Pierre-Adrien Pâris, 2008, p. 118-119),

Reliures aux armes de Louis Marie Augustin, duc d'Aumont (1709-1782)

Rel.18.214 et Rel.18.29

sur : Denis DIDEROT, Pensées sur l'interprétation de la nature. – Paris, 1754. Edition originale : second état cartonné. Veau fauve.

sur : Règlement pour les comédiens françois. – Paris, Pierre de Lormel, 1766, in-octavo. Maroquin rouge


Joseph Luc Hippolyte MARESCHAL, comte de VEZET (1743-1816)

D’une famille noble comtoise, président au Parlement de Franche-Comté en 1771, président de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon, député de la noblesse aux Etats-Généraux de 1789, émigré de 1791 à 1814 à Coblence où il est au service du futur Louis XVIII, il possédait une collection de tableaux, un cabinet d’antiquités et une bibliothèque de 18 000 volumes.
 

Christ de douleur. Heures à l’usage de Reims.

Ms. 151

Manuscrit enluminé, milieu du XVe s.


Recueil d'ariettes choisies avec accompagnement de harpe

BM 9689

Partition manuscrite ; chaque pièce est ornée d'encadrements ou de dessins à la gouache. Le volume, relié en maroquin rouge avec le super-libris doré « Madame la marquise de Germigney » appartenait à la belle-mère de Mareschal de Vezet.


Bruno MONNIER (1926-1991)

 

 

Un canard du XVIIe siècle

 

 

BM 329848

Histoire véritable, d'une jeune fille de Besançon, qui a tué son amant d'un coup de pistolet, l'ayant desbauchée sous promesse de mariage. Arrivé le 12. jour du mois de juin, 1623. Lyon, Pierre Roussin, 1623, in octavo


Antoine Joseph de VAULDRY DE SAINTE-AGNES (1775-1852)

Il appartient à la famille noble salinoise des Vaudry ou Vauldry. Né en 1775 au château d’Ivory (Jura), c’est le fils cadet de Jean-Pierre de Vauldry, petit-fils par sa mère de Claude François de Boquet de Courbouzon, président du parlement de Besançon, dont il a hérité de la bibliothèque. Bibliophile et collectionneur, propriétaire du château d’Ivory, il est en relation épistolaire avec Charles Weiss, conservateur de la bibliothèque de Besançon, à qui il vendra trois incunables et deux manuscrits. En 1853, la ville de Salins achète sa bibliothèque.

Psautier dit « de Bonmont ». Manuscrit, parchemin, 1260.

Ms. 54

Ce recueil de psaumes tire son nom d'une abbaye du diocèse de Genève, Bonmont,  à laquelle il fut longtemps attribué. Il a en fait été réalisé dans la région du lac de Constance aux alentours de 1260, pour un monastère cistercien : les commanditaires étaient un abbé, Waltherus, et la moniale Agnesa. Il fut copié par une femme, une moniale dont on connaît seulement les noms de son père et de sa mère.

Ce manuscrit est enrichi de deux cycles d'illustration à pleine page : seize enluminures au verso des feuillets, sur fond d'or, sont consacrées à la vie et à la Passion du Christ ; leur font pendant au recto seize dessins représentant des saints et des saintes. Certaines illustrations présentent des thèmes iconographiques rares, comme la « Crucifixion par les Vertus », typique d'une région germanique.

« Par l'exceptionnelle qualité de l'exécution picturale et calligraphique, ce manuscrit apparaît comme l'un des plus beaux fleurons de la première enluminure gothique en terre d'Empire. Celle-ci se distingue par un graphisme saccadé (le Zackenstil ou style en zig-zag) et une recherche de l'effet dramatique. Le Psautier de Bonmont est le seul représentant important de ce style si particulier dans les collections publiques françaises. » (François Avril).

Le manuscrit appartenait à l'évêque Pierre de la Baume, chassé de Genève lors de la réforme ; à sa mort en 1544 à Arbois, il passe à des familles d’Arbois puis de Salins. Au début du XIXe siècle, ce psautier appartient à Antoine Joseph de Vauldry de Sainte-Agnès, qui le vend à Charles Weiss.


Zacharias Konrad von Uffenbach (1683-1734)

Maria Sybilla MERIAN, Metamorphosis insectorum Surinamensium, Amsterdam, 1705

BM 407

Maria Sybilla Merian (1647-1717), peintre, graveur  et naturaliste d’origine allemande, installée aux Pays-Bas, est considérée comme l’initiatrice de l’entomologie moderne. Son ouvrage sur Les Métamorphoses des insectes du Surinam  qu’elle publie après un voyage d’exploration de deux ans au Surinam, illustré de 60 planches en couleurs, est l’un des plus beaux livres d’histoire naturelle du XVIIIe siècle. L’exemplaire de Besançon a appartenu au bibliophile allemand Zacharias Konrad von Uffenbach (1683-1734), de Frankfort, dont l’ex-libris gravé sur cuivre est collé sur la contre-garde. Uffenbach a constitué une bibliothèque remarquable qu'il enrichit en voyageant en Allemagne, aux Pays-Bas et en Angleterre, tout en entretenant une abondante correspondance avec plusieurs savants.

Pendant les guerres napoléoniennes, ce livre entre en possession du chirurgien militaire français Dominique Jean Larrey (1766-1842), qui participe à toutes les campagnes du Premier Empire et sera fait baron en 1802. La bibliothèque achète le volume à sa vente après-décès.


Antoine-Augustin Renouard (1765-1843)

Les ouvrages de l’imprimerie d’Horace Walpole à Strawberry Hill

L’écrivain anglais Horace Walpole (1717-1797) installe en 1757 dans son domaine de Strawberry Hill une imprimerie et maison d’édition privée qui publiera plus de 60 titres dont Charles Jean François HENAULT et Louis FUZELIER. Cornélie, vestale, tragédie, 1768. Reliure en maroquin rouge, doublure de maroquin marbré et tabis rose signée « Bradel l'aîné » (Alexis Pierre Bradel) ; super-libris du libraire, éditeur et bibliophile Antoine-Augustin Renouard (1765-1843).