Journaux des tranchées

Le Front

Le Canard du boyau, Le Bochofage, L’Echo des tranchées, L’Anti-cafard, La Bombe, Le Cafard enchaîné, L’Echo côtier, L’Artilleur déchaîné, Le Tord-boyau, L’Echo corico, Le Sourire de l’escouade : l’esprit des journaux de tranchées est tout entier dans ces titres humoristiques ou guerriers.

L'Argonnaute (Per 2713)

Ces journaux sont rédigés sur le front, par des poilus et pour les poilus de leur propre unité. Leur but : distraire les combattants et soutenir leur moral, alors que la guerre de tranchées s’installe et semble ne jamais finir.


Le ton peut être grinçant ou poétique, l’illustration recherchée ou naïve. L’humour potache se décline en pastiches, plaisanteries, dessins satiriques et calembours.


On y parle de la vie quotidienne du poilu, avec les poux, les rats et la boue des tranchées. On y dénonce le « bourrage de crâne » par la presse officielle, on enrage contre « l’embusqué », on évoque le fossé avec « l’arrière », la nostalgie des êtres chers…


Une seule thématique est absente : les combats, la mort. C’est « l’esprit de corps » qui est mis en avant, la permanence du sentiment national, la volonté de la victoire.


Les publications sont irrégulières, souvent éphémères ; elles sont  tributaires des combats, qui éloignent ou rapprochent les unités des premières lignes, et peuvent blesser ou tuer des rédacteurs. Enfin, ils sont imprimés à l’arrière par des professionnels ou dupliqués sur le front avec des moyens de fortune.
 

Un éclairage passionnant sur l’état d’esprit des poilus et leur formidable capacité de résistance.


Chaque lundi, L’Est Républicain reproduit un journal de tranchée de l’exposition Impressions du front, au musée du Temps jusqu’au 15 mars.