L'Echo du ravin


L’Écho du ravin, n°8, 1915

 

Le premier numéro de L’Écho du ravin est paru le 1er mars 1915 . C’est le journal du 41e bataillon de chasseurs à pied, une unité d’infanterie qui se bat alors dans les Vosges, secteur du col de la Chapelotte. Son directeur, Gaston Guillot (1889-1960), est simple soldat au 41e. Il était avant la guerre journaliste dans une revue parisienne, Les Annales politiques et littéraires

La direction (n°2)

L’Écho du ravin est l’un des journaux de tranchées parmi les plus rares : il était composé à la main et polycopié, tiré à 30 exemplaires et ne circulait que dans le 41e BCP.

 

Il ne connaîtra que 17 numéros jusqu’en juin 1916 : Guillot, blessé, est évacué et un autre rédacteur, le sergent Maurice Samedy, sera tué en octobre 1916. 


En première ligne (n°6)

La page de titre est caractéristique de l’humour des journaux de tranchées et des thèmes qui y sont évoqués. Le titre est une affirmation de la situation en première ligne avec l’évocation des ravins et des fils barbelés qui protègent les tranchées.

 

D’après son fondateur, Gaston Guillot, le journal tire son nom d’un ravin du secteur « extrêmement sonore, ce qui semblait fort divertir les deux artilleries adverses. Nous avons pensé qu’un écho de plus, ça ne s’apercevrait pas beaucoup… ».


Le dessin présente, avec humour, le lourd et encombrant équipement du soldat. On distingue le sac à dos, la musette, la baïonnette et le fusil qui dépasse à l’arrière. 

 

Maurice Samedy n’est pas un dessinateur professionnel : il était avant guerre employé dans une société troyenne d’alimentation.


Le poilu porte un masque à gaz rudimentaire des débuts de la guerre ainsi qu’une calotte en métal, la cervelière, qui venait s’insérer dans le képi.

 

Cette invention de l’intendant militaire Louis Adrian, distribuée à partir de février 1915, précède l’apparition fin 1915 du fameux casque Adrian, premier casque d’infanterie qui sera produit notamment dans les usines Japy de Beaucourt. 


On aperçoit le képi suspendu au bout d’une échelle, qui permettait aux soldats de sortir des tranchées.

 

Le seau que porte notre poilu évoque les comprimés d’hyposulfite de soude distribués pour purifier l’eau de boisson.


Le texte « Contre l’Embuscomanie » reprend l’un des thèmes favoris des journaux.

 

Pour le poilu, l’embusqué désigne le soldat qui occupe un poste éloigné de la première ligne et qui prend moins ou peu de risques. Mais la définition de l’embusqué est parfois plus large, comme c’est le cas ici. 


Lotion poilue (n°7)

L’auteur y intègre les civils à travers l’évocation de différents métiers qui lui permet une succession de jeux de mots savoureux.

 

Sont ainsi pointés du doigt tous ceux qui ne sont pas directement sur le front et qui, du point de vue du poilu, continuent à vivre normalement ou presque.


Courses de rats (n°17)

Charles Clerc avait 14 numéros de l’Écho du ravin dans sa collection, avec une lettre autographe signée de la romancière américaine Edith Wharton adressée à Gaston Guillot.

 

Marraine de guerre, elle évoque sa « visite à la Chapelotte », le « gracieux accueil que les chasseurs m’ont fait (…) et les bagues et le petit casque qui m’ont été donnés par vos camarades «Les Artisans ambulants».