Les 150 ans du SNB

Le Sport Nautique Bisontin fête ses 150 ans d’existence. Par arrêté du 12 septembre 1865, le Préfet du Doubs approuve les statuts de la Société Nautique Bisontine.

 

Quelques jours auparavant, le 27 août 1865, de nombreuses embarcations pavoisées avaient circulé sur le Doubs, dont l’une comportait une fanfare de dix membres. Le goût partagé pour les pratiques nautiques et la musique a favorisé la structuration et la formalisation de rassemblements autrefois spontanés.


Cette société dont les buts affichés sont à la fois sportifs, musicaux et philanthropiques, rassemble dès la première année de sa création une centaine de membres. Le succès est rapide.

 

Ses membres, essentiellement de jeunes hommes entre 20 et 40 ans, appartiennent au monde du commerce et à celui de l’horlogerie qui connaît à cette époque-là l’apogée de son activité, 90% des montres fabriquées en France l’étant à Besançon.


Le canotage, et sa version sportive l’aviron, est une pratique qui commence à se répandre en France, influencée en cela par le rowing anglais, en particulier dans les milieux urbains.

 

La première société française d’aviron, la Société des Régates du Havre, a été créée au Havre en 1838. Néanmoins, en 1860 on ne dénombre toujours sur le territoire national qu’une petite dizaine de sociétés d’aviron.


La Société Nautique Bisontine est une des vingt premières sociétés d’aviron en France et la première, et aujourd’hui la plus ancienne, société sportive franc-comtoise.

 

En 1874 la Société Nautique des Régates Doloises est créée à Dole. Cette création s’inscrit dans ce grand mouvement de la seconde moitié du XIXe siècle, qui voit la naissance et de développement du sport.


Outre ces distractions musicales, cette société nautique s’assigne pour but de développer les forces physiques de ses adhérents par la pratique de l’aviron ou de la natation. Dès 1866 un ponton est installé aux Prés-de-Vaux pour les nageurs.


Quelques années plus tard, les rameurs s’installent à Port-Joint où un hangar en bois pour ranger les embarcations est édifié.

 

150 ans plus tard, les rameurs sont toujours installés au même endroit et naviguent toujours sur le même plan d’eau, cette portion du Doubs comprise entre le pont de Bregille et l’écluse de la Malate.


En 1900, à la suite d’une violente crise interne, la séparation a lieu entre les rameurs et les musiciens. Le Sport Nautique Bisontin qui est créé l’année suivante sous l’impulsion des frères Emile et Joseph Jacquemin, confiseurs, se sépare de L’Harmonie Nautique.


Le local de Port-Joint qui avait été vendu, est racheté par ce nouveau club dédié uniquement à l’activité sportive.

 

Le climat nationaliste suscité par la défaite de 1870 favorise la pratique du sport chez les jeunes hommes des milieux urbains. Le triomphe dans le même temps des doctrines hygiénistes stimule aussi ce développement.


 

Le 29 juillet 1906, des régates internationales doivent être organisées à Besançon, sur le plan d’eau traditionnel. Une délibération du SNB du 23 juillet annule malheureusement la fête, suite au décès brutal du fils de Monsieur Deschamps organisateur de la manifestation.


En 1907 aux régates de Nice, le quatre bisontin composé de Rossignol, Humbert, Gardet et Schaedeli termine deuxième derrière l’équipage de Pise et devant toutes les équipes françaises présentes à cette compétition.


au premier plan, sans chapeau, Emile Jacquemin

En 1909, un incendie accidentel détruit le local de Port-Joint. Une souscription est lancée, et une subvention exceptionnelle de 1.000 F de la municipalité permet sa rapide reconstruction.


Dès 1919, les buts sportifs de l’association sont réaffirmés. Le club participe de plus en plus, avec succès, aux compétitions qui sont progressivement organisées.

 

Une yole à 4 ainsi qu’un outrigger à 8 sont commandés à Paris.


Équipage d’un huit de pointe en 1926 :

 

de gauche à droite : Noé, Grandjean, Demolombe, Cornetet, Gueldry, Fourrier, Freund, Lerner

 

barreur : Jean Epiard


 

En 1930, le garage est agrandi pour permettre le remisage des bateaux plus nombreux.


La pratique de la natation aussi se développe. Dès le sortir de la guerre, la baignade est autorisée aux jeunes filles accompagnées d’un parent, car le garage dispose alors de cabines particulières.


Dès le début des années 1950, la question de la construction d’un bassin d’entraînement pour les nageurs se pose avec de plus en plus d’acuité.


Sa localisation et son financement sont longuement débattus. En 1959, les travaux de construction d’une piscine à Port-Joint sont lancés.

 

Dans le même temps, la municipalité lance les travaux de construction de la piscine de Chalezeule.


 

Pour aller plus loin :

 

Usages corporels et pratiques sportives aquatiques du XVIIIe au XXe siècle. Tome 1 et 2 / textes réunis par Laurence Munoz Édition: Paris : L'Harmattan, 2008 (l'article de C Vivier Les célébrations artistiques de l'eau et des pratiques canotières à Besançon au tournant des XIXe et XXE)