Auguste Castan

Portrait d'Auguste Castan en 1878

Auguste Catan a été le  bibliothécaire de la ville de Besançon à partir de 1866, jusqu'à sa mort en 1892. Mais il a également exercé les charges d'archiviste municipal, de conservateur du musée par intérim, et il a été un érudit reconnu, particulièrement au sein de la Société d'émulation du Doubs. Son activité d'archéologue lui vaut de donner son nom au square Castan, et ses travaux sont nombreux dans le champ de l'archéologie et de l'histoire de la Franche-Comté et de ses monuments. 


Acte de naissance d'Auguste Castan

Auguste Castan naît le 20 novembre 1833 à Besançon. Il est issu d’une famille modeste : son père Antoine Castan est marchand de cuirs, sa femme Caroline Margot le seconde dans son travail.​

Auguste Castan fait ses études au Collège royal de Besançon, devient bachelier en 1852 et, sur les conseils de Charles Weiss, bibliothécaire de la ville de Besançon, se présente à l’École des chartes, dont il sort premier en 1855 avec une thèse intitulée Origines de la commune de Besançon. Bien qu’on lui propose un poste au cabinet des antiques de la Bibliothèque Impériale, il préfère rejoindre la bibliothèque de Besançon. En 1858 il est nommé archiviste communal, puis il remplace officiellement Weiss à la tête de la bibliothèque à la mort de celui-ci, en 1866.​​


Archéologue passionné par sa région d’origine, il rédige de nombreux articles sur des monuments et bâtiments de Franche-Comté (le Champ de Mars, la Porte Noire, le palais Granvelle, l’Hôtel de ville, le Palais de justice). Il accumule les articles et notices, mais n'écrit jamais l’histoire de la Franche-Comté qu’il souhaitait pourtant rédiger.​


Entre 1858 et 1864, il participe au débat au sujet de la localisation de la ville d’Alesia, symbole de la résistance gauloise face à Rome : il la situe à Alaise dans le Doubs, plutôt qu’à Alise-Sainte-Reine en Côte-d’Or. Pour prouver la justesse de cette hypothèse, il entreprend des fouilles régulières à Alaise et engage un vif débat avec les partisans du site d’Alise-Sainte-Reine. Malgré l’humeur belliqueuse de Castan, il n’emporte pas l’adhésion. Les objets découverts à l’occasion de ces fouilles viennent du moins enrichir les collections archéologiques du musée de Besançon.​


Ruines du square Castan

À la veille de la guerre de 1870, Castan fait des fouilles au pied de la cathédrale Saint-Jean, espérant y trouver le théâtre de la cité gallo-romaine Vesontio. Des ruines antiques sont en effet découvertes, bien que leur interprétation soit débattue : cet ensemble prend plus tard le nom de « square Castan ». En juin 1884, il dégage les restes des arènes antiques sur l’autre rive du Doubs.​


Inventaire et analyse des registres des délibérations municipales

Il abat aussi un travail considérable en tant qu’archiviste : il classe les archives communales, rédige l’inventaire des délibérations municipales et dépouille les registres des comptes communaux. 


Journal de Castan

Pendant la guerre de 1870, voyant l’avancée de l’ennemi en Franche-Comté, Castan met en sûreté les manuscrits et livres précieux de la bibliothèque (« je commence à descendre de leurs rayons nos manuscrits pour les descendre dans les caves, dans le cas où l’ennemi viendrait à nous investir », note-t-il dans son journal).​


Un volume de la collection Duvernoy

Il contribue à accroître les collections de la bibliothèque : il achète en 1860 les 75 portefeuilles des papiers Duvernoy, particulièrement importants pour l’histoire du Comté de Montbéliard, et fait entrer des dons importants grâce à ses relations : 2 000 estampes provenant de la succession de Gaston Marquiset, 2 000 volumes légués par le physicien Pouillet, ou encore 480 volumes légués par Théodore Belamy. Lui-même fait des dons réguliers à la bibliothèque.​


Castan. Catalogue des incunables

En parallèle il s’attache au signalement des collections et continue les inventaires commencés par Charles Weiss : il publie en 1875 le troisième volume du catalogue des imprimés ; il classe les plus importantes des médailles de la collection et les décrit dans son Inventaire des richesses d’art de la bibliothèque (1879). Il rédige également le catalogue des manuscrits, qui n’est publié qu’après sa mort. Il est enfin l’auteur du catalogue des incunables, terminé en 1890.


À la suite de Charles Weiss, Castan joue un rôle important dans la vie intellectuelle de Besançon. Si, à cause de son esprit indépendant, il entretient des relations tumultueuses avec l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon, il occupe en revanche une place importante à la Société d’émulation du Doubs. Il y est élu secrétaire en décembre 1864 et la dirige pendant quatorze ans. À son arrivée la société s’attachait à l’étude des sciences physiques et naturelles ; Castan y introduit les recherches historiques et y présente régulièrement le résultat de ses travaux archéologiques. La Société d’émulation devient ainsi un véritable centre de vulgarisation intellectuelle pour la province.​


Dessin de Jules Grenier

Il collabore au catalogue du musée de peinture de Besançon en 1879 et rédige de manière minutieuse ceux de 1886 et 1889, reprenant certaines attributions, révisant certaines dates. En 1889-1890, il fait l’intérim du conservateur du musée : il est ainsi à l’origine du don par le poète Édouard Grenier de l’œuvre de son frère Jules (environ 200 aquarelles et dessins, et 25 volumes d’études de paysages). Ses démêlés avec le peintre Jean Gigoux, donateur important de la ville, l’empêchent d’être nommé conservateur des Musées.​


Il meurt d'une attaque d'apoplexie en 1892, dans la salle de lecture de la bibliothèque.​​Ses papiers sont donnés par sa veuve à la bibliothèque de Besançon entre 1905 et 1913, et sont désormais conservés sous la dénomination « Collection Auguste Castan » (cotes Ms 1797-1875).​