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  « A la loupe » (2020)

Textes sacrés dans les collections bisontines

Les bibles et les livres d’heures enluminés sont parmi les documents patrimoniaux les plus connus et les plus appréciés conservés dans les bibliothèques. La religion catholique, religion officielle du royaume de France pendant des siècles, a laissé sa trace prédominante dans les collections françaises. 

Pour autant, d’autres religions sont représentées dans les collections des bibliothèques françaises, et la bibliothèque municipale de Besançon conserve quelques ouvrages musulmans, bouddhistes ou hébraïques, du Moyen-Age au XIXe siècle. La plupart proviennent de collections privées de voyageurs, ou d’hommes d’église ayant participé à des missions d’évangélisation dans des pays lointains – Birmanie, Ethiopie – et rapporté des documents se rapportant à d’autres religions. 

Voici quelques exemples des richesses des collections bisontines. 

1. Biblia hebraica (Mss. 1-2)

Cette bible hébraïque de la fin du XIIIe siècle est arrivée tôt dans les collections bisontines : elle est déjà mentionnée dans le catalogue tenu par l’abbé Jean-Baptiste Boisot, fondateur de la bibliothèque, au XVIIe siècle. Cette bible est constituée de 2 volumes, dont le second est le plus soigné du point de vue de la calligraphie : le premier mot de chaque livre est tracé en or sur un cartouche à l’encre rouge. Quelques rares illustrations, peintes assez grossièrement, représentent des animaux, ou encore un musicien.

Le premier volume renferme le Pentateuque et le livre d'Esther ; le second contient les livres de Josué, des Juges, des Rois, d'Isaïe, de Jérémie, d'Ézéchiel, des douze petits Prophètes, des Psaumes, des Proverbes et de Job.

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2. Bible (Ms. 3)

La Bible chrétienne reprend les 3 parties constitutives de la Bible hébraïque (la Torah, les Prophètes, les autres écrits), tout en leur adjoignant le Nouveau Testament. Cette Bible du début du XIIIe siècle est écrite très finement, sur deux colonnes (comme souvent à l‘époque gothique) et contient quelques lettrines et miniatures sur fond d’or, composées de rinceaux auxquels se mêlent des figures d’animaux fantastiques.

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3. Bréviaire romain, à l’usage des frères mineurs (Ms. 58)

Le bréviaire est un livre liturgique à l’usage des religieux catholiques. Ce bréviaire de la fin du XIVe siècle contient un calendrier spécialement écrit pour ce document, dans lequel on a introduit postérieurement quelques mentions de fêtes spécifiques au diocèse de Besançon : Saints Ferréol et Ferjeux (16 juin), saint Antide (17 juin)…

A la fin du volume, l’un des possesseurs a noté diverses recettes en latin et en français : l’une contre la peste, la seconde contre les fièvres, la troisième pour guérir le catharre. 

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4. Bible polyglotte. Alcala (5001-5006)

Une Bible polyglotte est une bible écrite ou imprimée en plusieurs langues. La Bible d’Alcala est la première Bible polyglotte imprimée, entre 1514 et 1517, à l’université Alcalá de Henares. Elle présente l’Ancien Testament sur 3 colonnes : hébreu, latin et grec, et le Nouveau Testament en grec et latin. 

Le travail pour les différentes traductions dura plus de dix ans. La dernière partie du 4e volume et le 5e volume contiennent un dictionnaire hébreu et araméen, une grammaire hébraïque et un dictionnaire grec. Ce projet fut dirigé par le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros.

Voir Numelyo

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5. Coran (ms. 272)

Ce Coran en arabe est rédigé en écriture neshki, qui constitue le style le plus courant pour les langues utilisant l’alphabet arabe. Il se répand surtout à partir du XVe siècle dans le monde arabe et en Perse, où il est d’usage que le Coran et la littérature islamique soient écrits en neshki.

Au recto du premier feuillet, on trouve un acte de waqf (don inaliénable à une mosquée) daté de 1766. Ce manuscrit, probablement copié au XVIIIe siècle, a été donné à la bibliothèque en 1838 par M. Devoisins, commissaire civil en Algérie, à Douéra.

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6. Une surate du Coran, en caractères coufiques (Ms. 276)

Cette surate du Coran est rédigée sur vélin, en caractères coufiques de Médine. Cette écriture est ancienne – on la date en général des IXe et Xe siècles. Cette copie est très postérieure - probablement du XVIe ou du XVIIe siècle : il s’agit d’une imitation luxueuse d’un style ancien très ornemental.

Le frontispice représente en dorure un treillage de style moresque, avec une feuille d’ornement en rinceaux dans la marge extérieure. Les caractères sont tracés au calame, en grande taille, et la vocalisation (c’est-à-dire la notation des voyelles) apparaît à l’encre rouge. Il s’agit probablement d’un livre de dévotion pour un particulier, assez facile à emporter en voyage par sa taille raisonnable.

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7. Le Coran, écrit en caractères maghrébins (Ms. 273)

Ce Coran sur papier oriental, daté de la fin du XVIIIe siècle, n’est pas vocalisé jusqu’à la fin : la vocalisation n’était pas faite par la même personne que la copie (en caractères maghrébins), et elle n’a pas été terminée. Ce volume uniquement textuel, sans la moindre ornementation, provenant de l'abbaye bénédictine de Faverney, a ensuite appartenu à un particulier, un certain J.-F. Ravillon, de Dole, qui l'a cédé à la Bibliothèque de Besançon en 1840.

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8. Kammavâcâ (kammavâtchâ) : rituel pour la réception des moines bouddhistes, en pali (Ms. 284)

Ce texte est un rituel pour la réception des moines bouddhistes, datant du XVIIe ou du XVIIIe siècle et venant de Birmanie. Lorsqu’un garçon entre dans une communauté, il est d’usage qu’on lui offre un recueil de textes qui règlent la vie monastique : il s’agit du Kammavaça. 

Ce manuscrit écrit en pali se distingue des volumes habituels en Occident par son support : 8 lames de tissu, enduites de résine sur les deux faces. L’écriture court dans le sens de la longueur des lames, et des décorations en dorure, parfois sous la forme de fleurs, d’oiseaux, de papillons, ornent les parties non remplies par l’écriture. Chaque lame est percée d’un trou pour le passage du cordon qui les reliait entre elles.

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9. Le Pâtimokkha, en sanscrit Pratimoxa (confession des péchés), ouvrage de la littérature sacrée des Boudhistes (Ms. 283)

Ce texte correspond à un ensemble de règles de conduites pour les moines bouddhistes, au nombre de 227 pour les religieux et 311 pour les religieuses. Ce manuscrit contient le texte en pali, avec une traduction en birman ordinaire. La copie en a été achevée l’an 1166 de Sakkarâj, soit en 1804. L’ouvrage est complet, mais seules les 5 premières sections ont été copiées. Il se compose de 43 lames de roseau, avec 7 lignes par page dans le sens de la longueur des lames.

Ce manuscrit, comme le précédent, a été rapporté par Mgr Bigandet, évêque de Ramatha. Originaire du Doubs, il a fait ses études au Grand Séminaire de Besançon et, après avoir été ordonné prêtre en 1837, il part pour la mission du Siam. Il devient évêque de Ramatha en 1856. En 1866, il adresse à Napoléon III deux ouvrages pâlis, Pitagat et Kambassa, livre des ordinations bouddhistes. En 1868, il incite le roi de Birmanie à adresser au souverain français un riche fonds de livres pâlis, déposés à la Bibliothèque nationale.

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10. Rouleau du livre d’Esther (Ms. Z 548)

Le livre d’Esther se présente souvent en rouleau dans la tradition hébraïque. Ce texte est ici copié sur parchemin. Le livre d’Esther symbolise l’identité  juive issue de la diaspora. 

En effet, l’héroïne du récit, Esther, fait partie des juifs de la diaspora réfugiés en Perse. Elle est remarquée par l’empereur des Perses Assuérus et devient sa favorite. Elle intervient auprès de lui pour protéger les juifs, menacés par le grand vizir Haman qui cherche à les exterminer. Le roi fait exécuter Haman et étend sa protection sur les juifs, ce que ceux-ci commémorent ensuite sous le nom de Pourim. 

Ce rouleau du XIXe siècle contient le texte en hébreu et porte le cachet du grand rabbin de Besançon, Paul Haguenauer, qui a donné ce document en mars 1914 à la bibliothèque.

Le livre d’Esther, « Résister à la persécution »

Le livre d’Esther : réflexions sur une littérature de diaspora dans le judaïsme de l’époque du deuxième Temple 

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11.  Le âfê zedekl, ou rouleau de justification. Manuscrit en éthiopien du XIXe siècle (Ms. 48)

En tête du rouleau on trouve une étrange représentation, d’une facture maladroite : un dessin à la plume, avec quelques touches de coloration rouge, représente une sorte d'écusson se rattachant à deux colonnes, chacune surmontée d'une croix grecque assez compliquée : on peut voir deux lames de sabre juste au-dessous de l'écusson, dirigées vers la colonne de droite, et trois autres lames tout à droite semblent se diriger également vers la même colonne. Le texte est écrit en éthiopien à l’encre noire, avec des passages – probablement des intitulés – en rouge.

Les prières magiques que contient ce rouleau sont censées avoir été révélées par Jésus-Christ à la sainte Vierge et aux Apôtres. Il a été écrit pour un certain Gabra-Hayvat, par un scribe nommé Valda-Abrèhâm, et s’apparente aux documents que l’on enterre habituellement avec les morts.

Ce rouleau, qui mesure près d’1,80 m de long, a été donné à la Bibliothèque, en 1872, par le P. Bonaventure, Capucin.

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