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 « A la loupe » (2023)

Les premiers mangas

Geisha (BM 304990)

Les « Hokusai Manga » sont dix volumes d’estampes parus au Japon entre 1814 et 1819, dessinées par le grand maître Hokusai (1760-1849). Les recueils d’estampes japonaises existaient déjà au 18e siècle, mais le terme manga s’est imposé car les recueils de Hokusai ont rencontré un énorme succès au Japon. 

Malgré la fermeture du Japon à l’Occident pendant la période Edo (1603-1868), les estampes japonaises de Hokusai sont connues en Europe dès 1830, et sont recherchées par les peintres et les collectionneurs. Nos livres proviennent de la collection de Charles Clerc (1883-1948), ce sont surtout des mangas de Hokkei et Gakutei, les deux élèves de Hokusai.

Fuji, vent, ombrelles (Cent vues du Mont Fuji de Hokusai, BM 304995)

Le vent de printemps

n’a pas de feuilles à mordre

il rugit de rage

Champ de riz (BM 304995)

Pour orner mon ermitage

les rizières 

verdissent

  

Issa (1763-1828)

« Lire un haïku, c’est entrer dans un oasis », selon Henri Brunel. 

Les haïkus ont été sélectionnés par Germain Agnani de l’association Yakimono de Besançon, pour accompagner les images. A l’origine, plusieurs de ces recueils d’images variées étaient des recueils de poésies, destinés à fixer la mémoire de rencontres poétiques et financés par les sociétés de poésie organisatrices. 

Plusieurs de nos livres sont des « kyoka », qui regroupent des poèmes teintés de satire, de parodie, de grivoiserie, de burlesque, de calembours ou de non-sens.

Pluie traçante (BM 305004)

A la surface de l’eau

des sillons de soie

pluie de printemps

 

Basho (1644-1694)

Hiroshige / Van Gogh (Photo (C) RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris), Thierry Ollivier / Wikipédia)

La représentation de la pluie sous forme de traits obliques a été également utilisée par Hiroshige, en particulier avec l’estampe Le grand pont : averse soudaine à Ataké, que Van Gogh a copiée sous le nom Japonaiserie : pont sous la pluie

Auberge (BM 305010)

Une bonne auberge

les montagnes alentour

en face une taverne 

Santoka (1882-1940)

Ma vie de voyageur,

le va-et-vient

d’un paysan labourant la rivière

 

Basho 

Les shoguns Tokugawa ont construit cinq routes au départ d’Edo (Tokyo), avec de nombreux relais pour les voyageurs ; la principale route est appelée le Tokaïdo.

Cascade (BM 305007)

La cascade claire

les aiguilles de pin

tombent dans les flots

Basho

A un de mes amis buveurs

j’aimerais conter ces fleurs

épanouies sur la cascade

 

Basho 

Au vu du succès rencontré par les mangas, les éditeurs japonais de l’époque publient avec de grands tirages. Les livres sont imprimés sur du papier « japon », à longues fibres, assez mince et transparent, avec la reliure traditionnelle japonaise : feuille pliée en deux, imprimée seulement du côté extérieur et cousue par la reliure du côté de son ouverture. 

Les estampes japonaises sont réalisées en gravure sur bois, ce qui n’empêche pas d’avoir des aplats et des dégradés (contrairement à l’Europe pour cette technique).

Myajima (BM 305007)

Me voilà, 

là où le bleu de la mer 

est sans limite

 

Santoka 

Le sanctuaire shinto d'Itsukushima et son célèbre torii dans l'eau sont situés sur l'île de Miyajima, au sud d'Hiroshima.

Pont aux poissons (BM 305000)

Le long de la rivière

je n’ai vu aucun pont 

ce jour est sans fin

 

Shiki (1867-1902)

Pont au clair de lune (BM 305000)

De la nouvelle lune,

l’imparfaite beauté 

laisse présager la pleine lune

 

Basho 

Fête de contemplation de la lune -

ce soir,

impossible de dormir

 

Basho

Les nuages de temps en temps

accordent une pause à

ceux qui contemplent la lune.

Basho

Le voleur m’a tout pris 

sauf la lune à ma fenêtre

 

Ryokan (1758-1831)

Geisha (BM 304992)

A la cour des geishas

les cordes de shamisen

volent les fleurs de lotus

La geisha est une artiste et une dame de compagnie, pour une clientèle aisée. Elle peut occasionnellement se livrer à la prostitution, mais il ne faut pas la réduire à cela, contrairement à l’idée générale.

Prostituées (BM 304991)

Dans la même auberge

une prostituée dort -

Lespédèzes et lune

 

Basho

L’ayant tué d’extase

je croyais qu’il jouissait

dit-elle au procès verbal 

(tiré du Tonneau de saule

Haikus érotiques, Picquier, 1996)

Les prostituées sont reconnaissables à leurs (trop) nombreuses aiguilles dans les cheveux. Elles vivent enfermées et sont ici dessinées en train de regarder le monde extérieur par la fenêtre.

Cérémonie du thé (BM 304993)

Dans la voie de thé

on s’imprègne par le cœur

et non en regardant ou en écoutant

attentivement 

Sen no Rikyu (1522-1591)

Le thé fume 

et le saule 

tremblent ensemble

 

Issa 

 Germain Agnani et Pierre Emmanuel Guilleray

 Stéphane Ilpide et Maki Ishii (catalogage) : voir les notices

(BM 305004)

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