« A la loupe » (2017)
Besançon de papier
Exposition présentée par les Archives municipales du 16 septembre au 21 octobre 2017 (prolongation jusqu'au 25 novembre les samedis uniquement).
La trentaine de projets d’urbanisme exposés aurait transformé la ville telle qu’on la connaît aujourd’hui s'ils avaient été réalisés. La plupart doivent être perçus comme le témoignage d’une vision de la ville qui n'a jamais existé. Ces échecs ont ouvert la voie à d’autres projets qui ont façonné la ville actuelle.
Découvrez le catalogue de l'exposition :
Besançon réinventé

Des projets d'ensemble ambitionnent de redessiner toute la cité. Le centre-ville est omniprésent parce qu'il correspond à la quasi-totalité du territoire habité par les Bisontins, la plupart des grands quartiers de Besançon ne sortant de terre qu'après la Seconde Guerre mondiale.

En 1906, la quinzaine d’architectes bisontins réunis dans la Société des architectes du Doubs proposent un programme idéal pour Besançon pour « prévoir l’avenir ».
L’une de leurs grandes préoccupations est de dégager le centre de la ville pour répandre l’air, le soleil et l’hygiène. Cela passe notamment par la destruction d'habitations, le percement de nouvelles rues ou le prolongement d'anciennes voies. Besançon doit aussi se doter de squares et de promenades : la promenade Micaud devrait être prolongée jusqu’à la tour de la Pelote et la place de la Révolution transformée en square.

A la fin des années 1960, Besançon souhaite une meilleure coordination spatiale du centre-ville ville avec ses quartiers. Une étude d’urbanisme allant dans ce sens est alors confiée au cabinet parisien de Maurice Rotival et Paul Lacroix en 1969.
Les objectifs visés sont triples : renforcer la capacité du centre-ville, créer une voie rapide est-ouest le long de la voie SNCF dans la perspective d’une agglomération qui s’étendrait de Chemaudin à Amagney, et enfin créer une seconde voie rapide nord/sud pour ouvrir la ville aux vallées de la Haute-Saône et aux plateaux du Jura.
Ces voies rapides se croiseraient au niveau d’un nouveau centre : le "centre directionnel", qui serait le quartier de la gare Viotte à mi-chemin entre Planoise et Palente. Ce nouveau centre regrouperait sur près de 300 000 m2 les administrations locales, des parkings, des commerces, un hôtel, des espaces culturels, un héliport, une nouvelle gare et un important carrefour routier. Ce projet est abandonné au milieu des années 1970.
Circuler dans la ville

Besançon possède une urbanisation héritée du Moyen-Âge : les rues sont étroites et tortueuses et les maisons enchevêtrées les unes dans les autres. Une bonne partie des projets d’urbanisme des XIXe et XXe siècles va donc chercher à aligner et élargir les rues.
On va par exemple souvent essayer d'aligner la rue de la Bibliothèque, un véritable défi en raison de la présence de l’église Saint-Maurice. En 1835, l’architecte municipal Pierre Marnotte propose même de déplacer l’édifice religieux pour le rebâtir en face de la bibliothèque municipale, estimant que « l’église pourrait être facilement démolie et reconstruite […] sans une dépense considérable ».

Afin de faciliter la navigation fluviale, un projet insolite apparait en 1809 : faire passer le canal de navigation fluviale au cœur de la Boucle. Besançon serait devenue la Venise comtoise…
Alors que certains préconisent le percement d’un tunnel sous la Citadelle, les autorités militaires y sont farouchement opposées : elles craignent une possible invasion de la ville par celui-ci. L’ennemi pourrait alors assécher la rivière autour de la Boucle, privant ainsi la ville de sa protection naturelle. L'armée propose alors cette alternative de faire passer le canal de dans la Boucle.

Pour faciliter les déplacements en centre-ville, le Centre d’Études des Transports URbains (CETUR, organisme national) propose en 1974 de construire un tunnel sous la place du 8 Septembre pour la circulation des autobus.
Cette proposition débouche sur un projet détaillé d’un bureau parisien d’ingénieurs-conseils : un tunnel routier souterrain long de 520 mètres et composé de deux files de circulation superposées relierait la rue de la République à la rue de la Préfecture. Sous la place du Huit Septembre, une station souterraine verrait le jour.
Habiter la ville

Après la Seconde Guerre mondiale, Besançon doit faire face à deux problèmes : un habitat très ancien et parfois insalubre et une très forte croissante démographique (la population double quasiment entre 1945 et 1975). On va donc vouloir construire de nouveaux logements, comme la cité-jardin de Montrapon, ou rénover l’existant, tel le quartier Battant.

Le quartier Battant dispose d’une urbanisation très ancienne et particulièrement dense. Au cours du XXe siècle, ses habitations ont pu paraître dégradées et insalubres. Pour résoudre ce problème, l’architecte Maurice Novarina, concepteur d'une partie du quartier de Planoise, propose en avril 1962 de détruire la majorité des constructions pour aménager des espaces verts et avoir un habitat plus aéré et droit (le système des cours et arrière-cours disparaît).
Il envisage la construction d’une rue nouvelle parallèle à la rue Battant, le prolongement de la rue Richebourg et la réalisation d’une voie longeant tout le haut du quartier Battant. Mais la loi Malraux sur les secteurs sauvegardés est votée en août 1962, et le quartier Battant ainsi que le quai Vauban sont classés comme tels le 31 décembre 1964.

De nombreux projets témoignent du souci de la municipalité de voir les loisirs pour les Bisontins se développer.
En 1935, il a ainsi été envisagé de construire une piscine sur les bords du Doubs, aux environs de la cité universitaire Canot quai Veil Picard. L’architecte bisontin André Boucton prévoit que le bâtiment, outre la piscine (grand bain et petit bain), abrite 22 cabines de douche, 16 cabines de bain en baignoires, un petit lavoir public de 30 places de laveuses et un gymnase. Les études faites sur la rentabilité de ce projet n’ont cependant pas convaincu la municipalité et le projet est abandonné.

En 1989, un projet d'installation d'un planétarium au cœur de la Citadelle voit le jour. Situé dans le "Front de secours", il disposera d'environ 96 places assises inclinées. Le choix du matériel s'est arrêté sur un simulateur astronomique représentant toutes les planètes et 3000 étoiles en standard.
En 1991, un cahier des charges et un avant-projet définitif sont définis. Des architectes et d'autres professions proposent leurs idées. Mais, la question financière et la difficile adaptation technique à l'existant entraineront l'abandon de ce projet.
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